Alain BLIECK

Nous sommes nombreux cet après-midi pour témoigner de notre affection, de notre admiration pour Alain, mais aussi de notre soutien à sa famille, et de la peine que nous ressentons. J’ai la délicate mission d’apporter quelques coups de pinceaux à un portrait collectif, par petites touches de couleurs. Sur ma palette, deux nuances, de teintes vives. La première esquisse le dynamisme d’Alain dans la riche collaboration entre la SGN et la bibliothèque de l’Université. La seconde campe le membre de la Société des Sciences, de l’Agriculture et des Arts de Lille, engagé dans la mise en lumière des géologues et paléontologues.

Lien entre la SGN et la bibliothèque, disais-je, sous le signe de l’enthousiasme. Je m’associe ici à Julien Roche, directeur du SCD, qui regrette de ne pouvoir être avec nous aujourd’hui.

En tant que rédacteur en chef des publications de la société, très attaché à la diffusion des savoirs scientifiques et au rayonnement des travaux de la SGN, Alain a eu très tôt, avec Bernard Maitte et Francis Meilliez, l’intuition que la numérisation du patrimoine écrit de la société constituait un atout considérable. Au moment où Francis Amédro, alors président de la SGN, emportait l’accord de son conseil d’administration pour affermir en don le dépôt de la bibliothèque de la SGN à l’université, décision était prise de confier au SCD la numérisation des Annales, permettant ainsi à la SGN d’être pionnière en la matière.

J’ai eu un immense plaisir à échanger avec Alain sur le patrimoine de la SGN, son histoire, ses collections, que ce soit lors de réunions de travail, livres en main, pour préparer une présentation d’ouvrages, ou au restaurant universitaire. Ces moments de convivialité au RU, nous les attendions tous avec joie, Laurent Matejko, Julien Roche, Madeleine Géroudet et moi. C’était la garantie d’un moment de culture scientifique, de détente et de fous rires.

Engagement pour le rayonnement des sciences de la terre au sein de la Société des Sciences, Agriculture et Arts de Lille ensuite. Michel Levasseur, président de la SSAAL, retenu chez lui, m’a priée de vous faire part de toute sa sympathie, en son nom propre, et au nom de la Société. Alain y avait été admis en 1999, après avoir été distingué par le grand prix des sciences de la terre Léonard Danel en 1994, pour ses travaux en biostratigraphie et paléobiogéographie sur l’orogène paléozoïque d’Europe occidentale. De 1999 à 2021, Alain a été fidèle à la quasi-totalité des séances solennelles au cours desquelles ont lieu les remises des prix. Il faisait preuve d’une énergie infatigable, me précisait Michel Levasseur, pour convaincre ses confrères de récompenser les travaux de recherche de géologues et de paléontologues, au travers du prix Léonard Danel ou du prix Gosselet. Il a ainsi proposé 14 lauréats dans ces spécialités, avec un grand sens de la diversité, chercheurs chevronnés et jeunes chercheurs, tous présentés avec admiration et générosité. Ce faisant, Alain s’inscrivait dans la longue tradition de liens qui unissent la SSAAL et la SGN depuis la création de cette dernière.

L’humour, l’érudition et la générosité d’Alain nous manquent, son tempérament et sa malice également. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il aurait trouvé, dans les quelques mots que je viens de prononcer, matière à contrepèterie…

Laure Delrue pour la SSAAL