Théodore Barrois
Nécrologie de Théodore BARROIS
Séance SSAAL du 2 Juillet 1920 (Salle de l’Industrie, rue de l’Hôpital Militaire)
Au début de la séance, le Président, Louis Vallas* annonce le décès, 9 juin 1920, de Théodore Barrois, Docteur en médecine et en sciences naturelles, maître de conférences à la faculté de Pharmacie de Lille en 1885, il est professeur de zoologie en 1886 puis titulaire en 1894 de la Chaire de parasitologie créée pour lui. Il est Député du Nord de 1898 à 1906. Il exerce également d’importantes fonctions administratives à l’institut Pasteur à Lille et au Comité central des Houillères de France et à la municipalité de Lille.
Louis Vallas prononce les paroles suivantes : « J'ai le triste devoir d'ouvrir la présente séance, comme j'ai dû ouvrir celle qui la précédait, par des paroles de deuil. D'un coup brutal, dont nulle menace n'avait suscité la crainte, la mort a frappé Théodore Barrois (1857-1920 membre SSAAL depuis 1886). A moins de vingt-quatre heures d'intervalle, la nouvelle nous vint qu'elle l'avait attaqué, puis la nouvelle qu'elle l'avait terrassé. De Paris où il était tombé, le corps de Barrois fut ramené à Lille qui lui fit, vous le savez, de magnifiques funérailles. Dans la foule qui l'accompagna au cimetière figuraient tous ceux qui dans notre grande cité représentent les pouvoirs publics et, à côté d'eux, tous ceux qui, dans toutes les branches de l'activité humaine, travaillent avec ardeur non seulement pour conserver mais aussi pour accroître l'importance et le prestige de la capitale du Nord. Au cours de la cérémonie seulement, je fus avisé que de nombreux discours seraient prononcés sur la tombe. Il était trop tard pour en préparer un et pour le soumettre à votre approbation. Il m'a semblé du moins que notre société ne devait pas, ne pouvait pas refuser sa voix à ce concert, alors surtout que son représentant avait été désigné par la famille pour tenir un cordon du poêle. Son silence n'eut-il pas été, sinon inconvenant, si la tradition, l'explique, du moins inopportun, si cette tradition ne l'impose pas ? N'étant vraiment sûr ni de l'existence de cette tradition ni surtout de son caractère, j'ai pris sur moi non pas d'improviser un discours — c'est une tâche au-dessus de mes forces — mais de dire, en quelques paroles brèves, le moins mal que j'ai pu, la grande part que nous prenions au deuil général. Ceux de nos collègues présents m'ont encouragé à le faire et m'ont approuvé de l'avoir fait. J'ose espérer, Messieurs, que vous ne me désavouerez pas.
Un éloge de Barrois, ce n'est point chose difficile et bien volontiers je dirai tout le bien qui doit être dit de lui, mais c'est assurément chose compliquée ou, pour mieux dire, complexe. A faire un éloge complet, je dépasserais le cadre qui est le mien ; à me borner au rôle qu'à jouer chez nous le défunt, je ne vous tracerais qu'un portrait étriqué et par suite infidèle. Permettez-moi, après vous avoir parlé du membre de la Société des Sciences, de vous faire entrevoir aussi les divers personnages que portait en soi notre collègue. Je le ferai brièvement, mais il me paraît nécessaire de le faire.
C'est en 1886 que Barrois entra chez nous. Il n'avait pas 30 ans et nous n'avons pas souvent des collègues de cet âge ; mais nul ne s'étonna de l'honneur que vous faisiez à sa jeunesse, parée déjà de deux diplômes de docteur, riche de travaux scientifiques hautement appréciés et affirmant sa maîtrise dans les conférences dont il avait reçu la charge à la Faculté de Médecine.
Son rôle parmi vous fut tel que, deux ans après lui avoir ouvert vos rangs, vous l'installiez au Bureau, dans le poste, important entre tous de Secrétaire Général. Ils sont encore nombreux ici ceux qui se rappellent le rapport qu'il nous donnait chaque année et comment il savait y dire, en termes précis et lumineux, la vie de la Société et les travaux de ses membres.
Ce que le rapport ne disait pas c'était l'activité du Secrétaire-Général, sa diligence dans l'expédition des affaires courantes, sont zèle toujours éveillé et prêt à s'émouvoir, qu'il s'agisse d'un conseil à donner, d'un service à rendre, d'une aide à susciter, d’une libéralité à provoquer. Sa présence, tant au Conseil Municipal qu'au Parlement, lui assurait une influence constamment disposée à s'employer pour nous. Nous nous en sommes aperçus dans la question des pensions WICAR. Il fit un voyage à Rome pour étudier cette question sur place. Le Député, qu'il était alors, vit s'ouvrir devant lui bien des portes qui seraient restées closes devant un simple particulier. Des renseignements importants s'ajoutant à ses observations personnelles lui permirent de nous apporter un plan d'organisation qui résolvait les difficultés du moment. N'est-ce pas enfin à la générosité du Secrétaire Barrois, mariée à celle du Président Agache que la Société doit le précieux souvenir artistique des fêtes qui célébrèrent en 1902 le centième anniversaire de sa naissance. Une médaille commémorative fut offerte à chaque sociétaire et le coin, frappé à la Monnaie de Paris, fut donné par lui-même à la Société qui depuis lors en tire des exemplaires destinés à tous ceux qui apportent à ces séances une communication. Un tel Secrétaire n'est pas de ceux dont on pense à se séparer. Nous aurions voulu en faire un Secrétaire perpétuel ; comme nos statuts ignorent ce litre, nous nous faisions un devoir de le réélire indéfiniment. Quand il eut porté 18 ans cette charge aggravée du poids de tant d'autres assumées ailleurs, le temps nous sembla venu de lui conférer une fonction moins laborieuse et plus décorative. Le fauteuil tranquille de la Vice-Présidence l'accueillit en 1907 et, l'année suivante, le fauteuil de la Présidence.
Le Président Barrois prendra rang dans la série de nos grands Présidents. Son nom, les titres sans nombre qu'il y avait successivement attachés, témoignages de sa valeur et de sa réputation, lui assuraient l'autorité, une autorité, qu'on ne conteste pas paire qu'on la sent légitime et qu'on respecte parce qu'on la voit discrète et courtoise. Sa courtoisie était exquise et charmante ; elle animait chacune de ses paroles qu'elle faisait persuasive et chacun de ses gestes qu'elle faisait séduisants. Sachant tout cela, nous ne nous étonnions pas de le voir mener à bien, et vite, des entreprises que d'autres, moins bien armés, n'auraient point osé tenter. Je n'en veux citer qu'un exemple. Un membre de l'Université lilloise qui devint plus tard notre collègue, M. François Benoît, professeur d'Histoire de l'Art, avait travaillé longtemps à réunir les matériaux d'un important ouvrage : La Peinture au Musée de Lille ; la publication était laborieuse et demandait, pour aboutir, une aide financière puissante. Le Président Barrois fut sollicité. Suivant son habitude, il paya de sa personne en acceptant de présider un Comité de Patronage de la publication projetée, puis il nous décida à donner, nous aussi, notre patronage. Son intervention sut gagner à la cause de nombreux adhérents dans le public lillois, les souscripteurs se montrèrent, l'entreprise avait réussi.
Le temps de sa Présidence achevé, Barrois resta l'associé dévoué qu'il avait toujours été et tint à marquer ce dévouement en gardant sa place à notre Commission des Finances où il avait toujours joué un rôle de premier plan. Le Conseil de l'Université ne connut jamais, depuis sa fondation, d'autre rapporteur de son budget. Le Conseil d'administration de l’Institut Pasteur ne connut jamais d'autre Trésorier, J'ajoute que dans ce trésorier il se plaisait à saluer l'un, et non le moindre, de ses auteurs. Quand fut créé l'Institut Pasteur de Paris, Barrois était membre du Conseil Municipal de Lille. Il vit tout de suite l'éclat et le profit que pourrait tirer sa ville natale d'une création pareille ; sans retard, il se mit en campagne et, grâce à son effort habile et prolongé, notre ville s'est enrichie d'un établissement dont elle s'enorgueillit à juste titre et qui a rendu à ses habitants des services qu'on n'oublie pas. Le Conseil Municipal, où fut envoyé Barrois par des électeurs de 1892, lui confia, pendant les quatre années de son existence, le rapport de son budget.
Nous avions tout intérêt à ce qu'il s'occupât du nôtre. C'est ce qu'il fit toujours et nous avons eu maintes fois l'occasion de nous en féliciter. Rappelez-vous notamment la dure période qui s'ouvrit pour nous quand la ville supprima brusquement les subsides annuels qu'elle nous fournissait jusqu'alors et que, d'ailleurs elle devait nous fournir, car ces subsides n'avaient pas le caractère d'une dotation bénévole mais bien d'une dette régulièrement contractée, en retour de la donation qu'elle avait reçue de nous portant sur une collection de dessins et objets d'art infiniment précieux. Barrois fut un des organisateurs de la lutte que nous dûmes entreprendre. Quand notre avocat — un de nos collègues lui aussi, et qui honore le barreau par son caractère non moins que par son talent — eut obtenu le jugement qui consacrait notre droit, puis l'arrêt confirmatif du jugement, nous nous heurtâmes à des obstacles d'ordre administratif. C'est Barrois qui se chargea de déblayer la route et ses démarches furent décisives. Plus tard, vers 1913, il entreprit une réorganisation de nos finances et nous suivons encore les directions qu'il sut alors nous donner.
C'est bien là l'essentiel de sa vie parmi nous. Notre Compagnie, en le perdant, fait une perte irréparable. Ceux qui l'ont entendu parler d'elle savent combien il s'y plaisait. Elle était pour lui comme un prolongement de son foyer prématurément désert, et à toutes les époques de sa vie, même les plus chargées de devoirs multiples et divers qui tendaient à l'éloigner de nous, il a toujours eu à cœur de rester nôtre autant qu'il l'a pu. Nous le savions et nous lui en étions reconnaissants. C'est pour marquer cette reconnaissance que je dois ajouter quelques traits à l'esquisse trop imparfaite que j'ai tracée de lui. En suivant Barrois dans sa vie extérieure nous gagnerons de le mieux connaître et de le mieux apprécier.
Membre d'une Société des Sciences, on peut l'être par cela seul qu'on est un ami des Sciences, qu'on s'intéresse à leurs progrès en s'efforçant de les provoquer. Barrois était certes un ami de la Science, il le fut dès l'adolescence et je crois même, me rappelant, certaines conversations, qu'il avait mis en elle des espoirs qui, par la suite, lui semblèrent téméraires. Quoiqu'il en soit, cet ami de la Science était de plus un savant. Encore simple étudiant, il se fit adjoindre en 1881 à la mission scientifique que conduisit en Laponie le professeur Pouchet du Muséum. Devenu docteur en médecine en 1882, il se tourna à nouveau vers les sciences dont il subissait l'attrait et obtenait en Sorbonne le titre de docteur es-sciences naturelles, en 1885. La même année le voyait entrer à la Faculté de Médecine comme maître de conférences. L'année suivante, il devenait, agrégé des Facultés de Médecine et gardait, sous ce titre nouveau, les conférences dont il avait déjà la charge. En 1888, il voyageait aux Açores comme explorateur libre. Les Mémoires de notre société conservent les résultats de celte exploration, une étude sur la « la Faune des Açores » qui lui valut les insignes de Commandeur de l'ordre du Portugal. En 1890, une nouvelle mission, officielle celle-là, le menait en Palestine et en Syrie. De ce voyage, il avait conservé maints souvenirs pittoresques, qu'il se plaisait à conter à ses amis qui, eux, se plaisaient à les entendre. La science qu'il avait su acquérir, il savait la communiquer aux autres. C'est en entendant un cours du jeune maître que le Directeur de l'Enseignement supérieur résolut de transformer l'agrégé en professeur et fit créer pour lui la chaire de parasitologie en 1894. Beaucoup de ses collègues voulurent faire de lui leur Doyen, ils en firent du moins leur représentant au Conseil de l'Université, un représentant inamovible à qui ils renouvelèrent, sans jamais se lasser, leur confiance. Ce n'est pas seulement aux étudiants de nos Facultés qu'il voulait communiquer la science mais à tous. De là, son accession à plusieurs sociétés savantes. La mort a frappé en lui le nouveau Vice-Président de la Société zoologique de France. De là aussi son intervention dans les Congrès. Il présida le Comité local chargé d'organiser le Congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, tenu à Lille en août 1909. Sous son inspiration le Comité voulut fournir au Congrès les renseignements les plus abondants et les plus précis ; 2 volumes du plus haut intérêt furent publiés à cette occasion sur « Lille et la région du Nord » dont chaque congressiste reçut un exemplaire. C'est encore le savant soucieux des intérêts du public et mué cette fois en philanthrope, déjà rencontré dans le fondateur de l'Institut Pasteur, que nous retrouvons dans le Président de la Ligue contre la tuberculose.
Le savant se doublait d'un artiste. Il aimait la musique, il en sentait vivement la puissance qui lui fut, disait-il, bienfaisante et consolatrice. Comme sa bonté naturelle l'incitait à rendre accessibles à toutes les joies qu'il goûtait lui-même, il fut le fondateur et resta le Président des Concerts populaires.
Autant que la musique il aimait la poésie. Bien souvent nous avons parlé ensemble d'Auguste Angellier qui était notre ami commun et dont nous étions l'un et l'autre fervents admirateurs. Nous le tenions pour un grand poète et nous croyons fermement qu'un avenir prochain donnera à ses œuvres la renommée due à leur mérite.
Les arts du dessin lui étaient chers aussi. La Société des Sciences l'avait chargé de la représenter à la Commission du Musée ethnographique dont elle a la surveillance. Président de cette Commission il devint, comme tel, membre de la Commission centrale des Musées. Il eut l'idée heureuse de faire copier, à titre privé et pour sa satisfaction personnelle des pièces d'archives relatives aux faïencière et porcelainiers lillois. Précieuses copies dont beaucoup ont acquis une valeur inestimable depuis que la guerre a détruit les archives d'où elles étaient tirées.
La même préoccupation d'amateur éclairé et prévoyant lui faisait acquérir, à chaque occasion qui se présentait, les œuvres de nos vieux céramistes. Il les comparait avec celles que garde notre Musée, disant avec un sourire que les deux collections gagneraient à s'unir.
Faut-il vous parler encore de l'administrateur dont Barrois fut un des plus parfaits modèles ? ses qualités exceptionnelles' le signalaient à l'attention de tous. Il savait être hardi dans l'exécution, parce qu'il avait su être prévoyant dans le conseil. La hardiesse, quand elle est fille de la prudence, devient naturellement mère du succès. Mais qu'aie à dire du Conseiller municipal sinon qu'il favorisât toutes les institutions utiles comme vous l'avez vu pour l'Institut Pasteur. Qu'ai-je à dire du député, sinon qu'il fut membre de plusieurs commissions et notamment de la Commission permanente : du travail pendant les huit années qu'il passa à la Chambre ? Que pourrai-je dire enfin du Vice-Président du Comité central des Houillères de France, du Président du Comité d'administration des Établissements Kuhlmann, du Président du Conseil d'administration des Mines de Lens, sinon que toutes ses présidences —et je suis loin de les énumérer toutes — attestent la valeur qu'on attachait dans tous les mondes à ses conseils et à ses directions.
Êtes-vous, Messieurs, de ceux qui pensent que tout homme contient plusieurs hommes? C'est une hypothèse qui se recommande de l'autorité grave de maints psychologues et de maints moralistes. Alors vous trouverez dans Barrois un représentant de ce que vous me permettrez d'appeler l'homme multitudinaire. Je me plie difficilement à ces conjectures dont il me semble qu'elles peuvent étayer des doctrines aux redoutables conséquences. Il me paraît que les êtres divers qu'on veut distinguer dans le même homme sont des personnages plus que des personnes et que tous ils plongent leurs racines dans un fonds unitaire commun. Quel que soit celui des nombreux personnages de Barrois que nous examinions, il nous mène à ce fonds qui les soutient tous, qui les explique tous. Notre collègue fut avant tout et par-dessus tout un homme au grand cœur. Bien qu'il ait surtout un aspect scientifique, j'oserai dire qu'il fut au fond plus artiste que savant. C'est dans le domaine de la sensibilité qu'il vivait réellement et profondément. Il aimait à donner et à se donner ; il a passé sa vie à répandre autour de lui des bienfaits dont sa discrétion doublait le prix. Quand la mort, une mort prématurée, eut vidé son foyer de la femme qui en faisait la parure et la joie, il fut atteint si rudement que ses amis en furent inquiets. Mais l'épouse si tendrement chérie lui laissait une fille et le père se dévoua à sa fille comme le mari s'était dévoué à sa femme. L'orpheline fut aimée, autant qu'un enfant peut l’être ; la source unique qui lui versait l'amour s'était faite deux fois plus abondante. C'est à la même influence souveraine qu'obéissait le savant inclinant sa science à la philanthropie, l'homme favorisé de la fortune alimentant de son or toutes les œuvres de charité. La guerre lui fournit l'occasion de nouveaux sacrifices. Il n'était pas de ceux qui s'abusaient sur les évènements, il savait le sort qui attendait Lille et ses habitants. Combien d'autres à sa place se fussent soustraits à une séquestration dont on ne savait pas au juste ce qu'elle contenait de menaces mais dont on savait bien qu'elle serait dure à ceux qui la subiraient. Il faisait partie de la Société de secours aux blessés militaires, il avait déjà organisé des établissements divers à Lille et dans les environs, il considéra que c'était son devoir de rester et il resta. Quand plus lard il vit l'occupation se prolonger au-delà des limites qu'avait pu redouter la plus extrême prévoyance, il exhorta sa fille à tenter une évasion qui après de longs efforts fut couronnée de succès. Il restait seul et je sais ce que lui coûta ce dernier acte d'énergie patriotique et de dévouement. A quoi bon rappeler tout ce qu'il eut à supporter durant ces semaines interminables où se resserrait à chaque jour le joug oppresseur ? Il fut traduit devant les tribunaux allemands pour s'être procuré des nouvelles des siens et poussa la chevalerie jusqu'à déclarer à ses juges qu'il connaissait leur langue et qu'il tenait à le leur dire pour qu'ils eussent à surveiller leurs conservations. Tel est l'homme dont nous déplorons la disparition. N'ai-je pas eu raison de vous dire que cette perte est irréparable.
*Louis Vallas, né à Lyon le 8 avril 1854 et mort à Chatou- Moulineux le 6 avril 1932, est un professeur de droit et un poète, licencié ès lettres en avril 1874 à Lyon puis il étudie le droit à Grenoble. Il est docteur de la Faculté de Droit à Paris en 1878. Il est nommé à l’université de Douai le 15 mars 1880 pour remplacer Etienne Drumel qui est député. Agrégé en 1881, il reste à Douai. Il est titularisé sur la chaire de droit civil en 1885 (arrêté du 23 novembre 1885). À partir de 1887, la faculté déménage à Lille. Il est doyen de la faculté de droit de l’université de Lille de 1896 à 19021.
Au début de la Première guerre Mondiale, Louis Vallas fait partie des professeurs restés à leurs postes. En mauvaise santé, il quitte Lille en 1916 pour rejoindre sa famille dans la zone non occupée. Après la guerre, il revient à Lille et prend sa retraite en 1924. Louis Vallas est l’auteur de nombreuses publications et de rapports pour l'université.
Il est décoré de la légion d'honneur en 19213. Il est président de la SSAAL en 1921-1922. Il est également poète amateur et le père de l'écrivain Jean-Louis Vallas.